Logiciel d’alerte PCS : comment choisir un outil adapté à sa commune ?

SMS groupés, appels vocaux, courriels, sirènes, panneaux lumineux, réseaux sociaux, FR-Alert : les moyens d’alerte à la population se sont multipliés.

Pour une commune, la tentation est forte de chercher “le bon logiciel d’alerte” pour compléter son Plan Communal de Sauvegarde.

Mais dans un PCS, le logiciel n’est jamais le point de départ.

Il n’est qu’un moyen parmi d’autres.

La vraie question n’est donc pas seulement :

“Quel logiciel choisir ?”

La vraie question est plutôt :

“Quelle organisation d’alerte notre commune est-elle réellement capable de déclencher, maintenir et sécuriser en situation de crise ?”

SAIP, FR-Alert, logiciel d’alerte : de quoi parle-t-on ?

Le SAIP, ou Système d’Alerte et d’Information des Populations, désigne le dispositif national d’alerte et d’information.

Il comprend notamment les sirènes et les dispositifs nationaux permettant de diffuser une alerte à la population.

Depuis 2022, FR-Alert permet d’envoyer des notifications sur les téléphones mobiles présents dans une zone concernée par un danger. Ce dispositif ne nécessite pas d’inscription préalable de la population et ne fonctionne pas comme un simple envoi de SMS classique.

Les logiciels d’alerte utilisés par les communes sont différents.

Ils permettent généralement d’envoyer des messages à des listes de contacts déjà constituées : habitants inscrits, élus, agents, responsables d’établissements, entreprises, associations, référents de quartier ou partenaires communaux.

Ces logiciels peuvent donc être utiles, mais ils ne remplacent ni FR-Alert, ni les sirènes, ni l’organisation prévue par le PCS.

Pourquoi un logiciel d’alerte peut être utile dans un PCS

Un logiciel d’alerte peut aider une commune à diffuser rapidement une information ou une consigne.

Il peut servir à :

  • prévenir des élus ou agents ;
  • mobiliser la cellule de crise ;
  • informer des habitants inscrits ;
  • joindre des établissements sensibles ;
  • transmettre une consigne à un secteur précis ;
  • annoncer l’ouverture d’un centre d’accueil ;
  • rappeler une interdiction de circulation ;
  • diffuser une consigne de mise à l’abri ou d’évacuation.

Mais son efficacité dépend de plusieurs éléments souvent sous-estimés :

  • les contacts sont-ils à jour ?
  • les groupes sont-ils bien construits ?
  • les messages sont-ils préparés ?
  • les personnes habilitées savent-elles déclencher l’alerte ?
  • le logiciel est-il utilisable hors heures ouvrables ?
  • existe-t-il une solution si internet, l’électricité ou le réseau mobile sont perturbés ?

Le choix d’un logiciel ne peut donc pas être séparé de la qualité du PCS.

Le risque : acheter un outil avant d’avoir défini le besoin

Beaucoup de solutions d’alerte se ressemblent au premier regard.

Elles promettent l’envoi de SMS, d’appels vocaux, de courriels, parfois avec acquittement, cartographie, groupes de contacts, modèles de messages ou tableau de suivi.

Ces fonctions peuvent être intéressantes.

Mais elles ne répondent pas à la question principale :

“De quoi la commune a-t-elle réellement besoin pour alerter sa population et ses acteurs en cas d’événement ?”

Une petite commune rurale, une station touristique, une commune littorale, une commune de montagne, une ville avec plusieurs établissements sensibles ou une intercommunalité n’auront pas les mêmes besoins.

Le relief, la couverture mobile, la saison touristique, les campings, les écoles, les personnes vulnérables, les quartiers exposés, les risques naturels ou technologiques changent complètement le cahier des charges.

Avant de comparer les logiciels, il faut donc clarifier le scénario d’usage.

SMS, appels vocaux, courriels : aucun canal n’est suffisant seul

Le SMS est souvent perçu comme le moyen le plus simple.

Il est utile pour transmettre une consigne courte.

Mais il suppose :

  • un numéro valide ;
  • un téléphone allumé ;
  • une couverture réseau ;
  • un message lu ;
  • une liste correctement tenue.

L’appel vocal peut être plus adapté pour certaines personnes, notamment les publics âgés ou moins habitués aux messages écrits.

Le courriel peut convenir pour les partenaires, les établissements ou les entreprises, mais il n’est pas toujours adapté à l’urgence immédiate.

Les réseaux sociaux peuvent relayer une information, mais ils ne garantissent pas que la population concernée sera réellement touchée.

Les sirènes peuvent alerter, mais elles ne donnent pas seules la consigne à suivre.

Le porte-à-porte reste parfois indispensable.

Le PCS doit donc prévoir une combinaison de moyens.

Le logiciel d’alerte n’est qu’une partie de cette combinaison.

La question du mode dégradé

C’est souvent le point oublié.

Un logiciel d’alerte dépend généralement :

  • de l’électricité ;
  • d’internet ;
  • du réseau mobile ;
  • d’un poste informatique ou d’un smartphone ;
  • d’identifiants disponibles ;
  • de personnes formées ;
  • d’un fichier de contacts fiable.

Or certaines crises peuvent précisément dégrader ces conditions.

Inondation, feu de forêt, tempête, coupure électrique, panne de télécommunications, saturation réseau : dans ces situations, l’alerte automatisée peut être partielle, lente ou impossible.

Le PCS doit donc prévoir ce qui se passe si l’outil principal ne fonctionne pas.

Cela peut conduire à préparer un vrai plan indépendant des moyens et disponible en toutes circonstances.

C’est souvent là que l’on voit si le PCS est réellement opérationnel.

Faut-il un logiciel simple ou une solution spécialisée ?

Il n’existe pas de réponse unique.

Une solution simple peut suffire si la commune a peu de contacts, des risques limités, une organisation légère et des moyens humains restreints.

Une solution plus complète peut être utile si la commune ou l’intercommunalité doit gérer plusieurs secteurs, des établissements sensibles, des scénarios nombreux, de l’acquittement, une cartographie ou une coordination plus avancée.

Mais plus l’outil est complet, plus il demande :

  • du paramétrage ;
  • de la formation ;
  • des exercices ;
  • une gestion des droits ;
  • une mise à jour régulière ;
  • une vraie discipline d’usage.

Le meilleur logiciel n’est pas forcément le plus puissant.

C’est celui que la commune saura utiliser au bon moment, avec les bonnes personnes, dans les bonnes conditions.

Les questions à se poser avant de choisir

Avant de demander des devis ou de comparer les fournisseurs, une commune peut déjà se poser 12 questions :

 

  • quels risques nécessitent réellement une alerte rapide ?
  • quels publics doivent être alertés ?
  • dispose-t-on des bons contacts ?
  • qui met les listes à jour ?
  • Etc…

Ces questions ne remplacent pas une analyse complète.

Elles permettent surtout de repérer si le choix de l’outil est mûr ou s’il faut d’abord reprendre l’organisation d’alerte dans le PCS.

Le logiciel d’alerte doit prolonger le PCS, pas le masquer

Un logiciel peut accélérer la diffusion d’une consigne.

Il peut faciliter la mobilisation des acteurs.

Il peut améliorer la traçabilité.

Mais il ne décide pas à la place de la commune.

Le PCS doit toujours préciser les modalités d’alerte.

Sans cette préparation, le logiciel risque de donner une impression de sécurité supérieure à la réalité.

Besoin d’un avis sur votre dispositif d’alerte PCS ?

Le choix d’un logiciel d’alerte dépend du territoire, des risques, des moyens communaux, des publics à prévenir, de l’organisation de crise et du niveau de préparation existant.

SAFEPLAN peut vous aider à vérifier si votre dispositif d’alerte est cohérent avec votre Plan Communal de Sauvegarde.

Un premier avis permet notamment d’identifier :

  • les points faibles de l’organisation d’alerte ;
  • les questions à poser avant de choisir un logiciel ;
  • les modes dégradés à prévoir ;
  • les messages ou listes à préparer ;
  • les liens à clarifier entre PCS, DICRIM, FR-Alert, sirènes, SMS et relais de terrain.

L’objectif n’est pas de choisir un outil à la place de la commune.

L’objectif est de vérifier que l’outil choisi, ou envisagé, correspond réellement à la manière dont la commune devra agir en cas de crise.

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