Les logiciels d’alerte appliqués au plan communal de sauvegarde.

Depuis l’avènement des smartphones, l’alerte à la population ne se limite plus au réseau national d’alerte (RNA). RNA, bien connu depuis l’après guerre via les sirènes. Cependant même si peu de communes ont automatisé le déclenchement de leurs sirènes, le développement des logiciels d’alerte à la population est venu apporter d’autre modes d’alerte individuels. On parle aujourd’hui de SAIP (système d’alerte et d’information aux populations).

Qui plus est les réseaux sociaux et certaines applications participent aux moyens d’alerte.

Un grand nombre de fournisseurs

Sans compter les réseaux sociaux électroniques et les applications mobiles, il existe une vingtaine de logiciels.

Toutes les offres sont indépendantes du plan de sauvegarde et demandent un travail de retranscription au sein du logiciel. Il s’agit d’un moyen d’alerte parmi les autres.

Utile avant la catastrophe mais peut être pas après

Tous les logiciels sont dépendants de l’accès à internet, au réseau électrique et GSM et de moyens informatiques. Leur usage demande un volet spécifique du plan communal de sauvegarde destiné à anticiper le fonctionnement dégradé du système d’alerte informatisé et des télécommunications.

Un logiciel pour quoi faire ?

La première fonctionnalité commune de toutes les offres permet l’envoi de SMS groupés jusqu’à 70000 par heure pour les plus performants.

Il s’agit la d’un héritage issu du monde du marketing automatisé dans le secteur commercial.

L’envoi de MMS est souvent possible mais beaucoup plus cher et peu conseillé en raison du délai d’acheminement des messages de grande taille.

Les messages vocaux sont de deux types. Il y a les messages vocaux directement déposés sur la messagerie vocale du correspondant sans que le téléphone ne sonne et les messages qui sont lus par un robot après que le téléphone ait été décroché. Dans tous les cas les tarifs de ces envois sont plus élevés que les SMS.

Viennent ensuite les messages acheminés vers les fax et les boites aux lettres électroniques.

Il s’agit là des fonctionnalités principales communes à 50% des offres.

Il est parfois possible de disposer du moyen de savoir si le message a bien été délivré et s’il a été ouvert voire lu ou entendu (acquittement). Enfin, certains fournisseurs proposent de connecter les panneaux d’affichage et les réseaux sociaux.

Pas de système standard ?

La variabilité des offres tient à la libre concurrence des différents fournisseurs. Il n’existe pas encore de système national fourni par l’Etat. En 2021, un projet est à l’étude concernant l’envoi des SMS via une technique qui permettrait de s’exonérer de disposer des numéros de téléphones des correspondants. Une expérience est en cours dans certaines région comme Rouen. Au final, il semblerait que le dispositif SMS soit déployé par l’Etat en 2022.

Des faiblesses techniques

Les technologies de télécommunication moderne présentent de nombreuses faiblesses. Le PCS devra en tenir compte en particulier dans les communes avec du relief ou peu peuplées. En effet, d’une part le réseau des relais des téléphones cellulaires (téléphones portables) ne couvre pas la totalité des territoires. L’alerte ne pourra donc pas y être délivrée. D’autre part; chaque individu ne dispose pas d’un smartphone. Enfin, toutes les méthodes sont dépendantes de l’électricité. Encore plus depuis l’année 2018, date à laquelle le réseau Télécom traditionnel n’est plus entretenu. Il est remplacé par le réseau internet et les « box ». Ces boites ont besoin d’être raccordées au secteur en 220 volt.

Pour quel usage et quel scénario ?

L’utilisation d’un logiciel d’alerte peut être pratique dans certains scénarios. Les catastrophes comme les séismes, les crues torrentielles ou les fortes tempêtes à tendance cyclonique devront être étudiées à part et disposer d’un dispositif ad hoc qui ne soit pas totalement dépendant de l’alerte automatisée. Les aléas inconnus qui auraient comme effet d’interrompre les réseaux de télécommunication et d’alimentation électrique devront également être inclus au PCS.

Usage mixte avec le marketing électoral et l’information communale

L’utilisation d’un logiciel d’alerte demande de développer une habitude afin de bien savoir s’en servir le moment critique venu. Nombreux sont les fournisseurs à proposer des solutions polyvalentes destinées à envoyer des messages pour toute sorte d’évènement. L’intérêt réside dans la capacité des personnels communaux à savoir les utiliser d’autant mieux qu’ils s’en servent souvent. Les freins sont d’ordre économique car les envois sont facturés et d’ordre technique, car au plus la solution est simple et polyvalente, au moins elle est spécialisé dans l’alerte de crise. Les outils plus pointus en matière d’alerte de crise demandent une formation et une habilitation car ils donnent accès à des données et des moyens spéciaux. Il serait dommage que le stagiaire de la saison estivale à l’office de tourisme déclenche une sirène ou l’évacuation d’un établissement sensible…

La préparation plus importante que le logiciel

Le plan communal de sauvegarde est d’autant plus efficace que le diagnostic préalable est établi et les aléas anticipés dans des scénari réalistes où chaque moyen à mobiliser se trouve clairement défini et disponible. Ainsi, l’alerte et l’information ne sont qu’une partie somme toute infime du PCS. Au mieux le scénario est préparé, au plus sera facile l’alerte. Les messages pourront être pré-rédigés, les correspondants pré-listés. On verra alors très vite que seuls des exercices et l’information permanente des services communaux, des entreprises, des établissements et de la population de la commune seront la clef du succès face à l’anticipation d’un aléa (d’une cata). Le DICRIM, ce document au nom barbare, devrait être plus populaire et la coordination avec les établissements et les entreprises à risque de la commune plus fréquente.

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