Plan communal de sauvegarde : que faire sans réseau télécom ?

Téléphone fixe, internet, box, réseau mobile, applications, FR-Alert, messageries : l’organisation communale dépend de plus en plus des télécommunications.

Mais que devient le Plan Communal de Sauvegarde si les réseaux sont coupés, saturés ou dégradés ?

La question peut sembler technique.

Elle est pourtant centrale.

En situation de crise, la commune doit pouvoir alerter, joindre ses agents, coordonner les élus, contacter les secours, informer la population et suivre l’évolution de l’événement.

Si les moyens habituels ne fonctionnent plus, le PCS doit avoir prévu autre chose.

La fin du téléphone fixe “autonome”

Pendant longtemps, certains téléphones fixes pouvaient encore fonctionner sans être branchés au secteur.

Le réseau téléphonique historique apportait directement l’alimentation nécessaire au poste téléphonique.

Avec la fermeture progressive du réseau cuivre et le passage vers les box, la situation change.

Un téléphone fixe branché derrière une box dépend généralement :

  • de l’alimentation électrique ;
  • du fonctionnement de la box ;
  • de la connexion internet ;
  • du réseau de l’opérateur.

Une coupure électrique locale, une panne réseau ou une rupture de câble peut donc interrompre à la fois le téléphone et l’accès internet.

Ce point doit être intégré dans le PCS.

Les réseaux mobiles ne suffisent pas toujours

Les téléphones portables donnent une impression de sécurité.

Ils permettent d’appeler, d’envoyer des messages, d’utiliser des applications, de recevoir certaines alertes et de rester joignable hors du bureau.

Mais ils ont aussi leurs limites :

  • zones mal couvertes ;
  • relief ;
  • saturation du réseau ;
  • antennes hors service ;
  • batteries déchargées ;
  • coupure électrique prolongée ;
  • publics non équipés ;
  • touristes étrangers utilisant surtout des applications ;
  • usages différents selon l’âge et les habitudes.

Dans une commune rurale, touristique, de montagne, littorale ou exposée à des risques naturels, ces détails peuvent devenir décisifs.

Ils ne sont pas toujours visibles dans un PCS rédigé trop rapidement.

FR-Alert, sirènes, SMS : des moyens complémentaires

FR-Alert est un outil national important.

Les sirènes, les SMS, les appels automatisés, les panneaux lumineux, les réseaux sociaux, les radios locales ou le porte-à-porte peuvent également jouer un rôle.

Mais aucun moyen n’est suffisant seul.

La vraie question n’est pas :

“Quel outil avons-nous ?”

La vraie question n’est pas non plus  :

“De quel outil devons nous nous équiper ?”

Seule une analyse de la valeur aléa/crise sera décisive.

Un épisode météo, une inondation, un feu de forêt, une coupure électrique ou une panne télécom ne produisent pas les mêmes effets.

Le PCS doit donc prévoir plusieurs chemins possibles pour alerter et coordonner.

Faut-il déclencher le PCS lors d’une coupure télécom ?

La réponse dépend du contexte.

Une coupure isolée et courte ne justifie pas forcément l’activation complète du PCS.

Mais une coupure télécom peut devenir préoccupante si elle touche :

  • la mairie ;
  • les élus ;
  • les services techniques ;
  • les établissements sensibles ;
  • les écoles ;
  • un secteur exposé ;
  • une zone touristique ;
  • des personnes vulnérables ;
  • les moyens d’alerte automatisés ;
  • la coordination avec les partenaires.

La question mérite donc d’être posée avant la crise.

À partir de quand une coupure de téléphone, d’internet ou de réseau mobile devient-elle un événement de sauvegarde communale ?

Beaucoup de plans ne répondent pas clairement à cette question.

Le mode dégradé doit être pensé avant

Un PCS réellement utilisable doit prévoir ce qui se passe lorsque les outils numériques ne répondent plus.

Ce ne sont pas des détails.

Ce sont souvent ces éléments simples qui permettent à la commune de continuer à agir pendant les premières heures.

Connaître ses réseaux, c’est connaître ses fragilités

La préparation du PCS est l’occasion d’identifier les forces et faiblesses locales et ce travail ne se fait pas uniquement derrière un écran.

Il demande souvent une lecture concrète du territoire, des usages et des habitudes communales.

SAFEPLAN : vérifier la robustesse télécom de votre PCS

SAFEPLAN accompagne les communes dans la création, la révision et l’amélioration opérationnelle de leur Plan Communal de Sauvegarde.

La question des télécommunications y occupe une place particulière.

Un PCS peut sembler complet sur le papier et rester fragile si l’alerte, les contacts ou la coordination reposent sur un seul moyen technique.

Un premier avis permet de repérer les questions à traiter :

  • que se passe-t-il sans internet ?
  • que se passe-t-il sans mobile ?
  • que se passe-t-il si la mairie est injoignable ?
  • qui peut encore prévenir qui ?
  • quelles listes doivent exister hors ligne ?
  • quels relais humains sont réellement mobilisables ?
  • quels moyens de secours sont crédibles pour votre commune ?

L’objectif n’est pas de multiplier les dispositifs.

L’objectif est de savoir ce qui tiendra encore lorsque les moyens habituels ne tiendront plus.

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